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Autonomie à domicile

Où poser une barre d’appui dans la salle de bain, et où surtout pas

Publié le Mis à jour le 7 min de lecture

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Personne âgée tricotant dans un fauteuil de son salon

Une barre d’appui mal posée est pire qu’une absence de barre. Elle donne un point d’appui là où le corps n’en a pas besoin, et elle rassure au mauvais endroit. On voit des salles de bain équipées de trois barres dont aucune ne sert, et une chute quand même.

Disons les choses simplement : on ne pose pas une barre là où c’est pratique à visser, on la pose là où le corps se déséquilibre. Et ces endroits sont toujours les mêmes.

Les trois moments où l’équilibre part

Avant de percer quoi que ce soit, observez la personne concernée pendant une toilette ordinaire. Vous verrez trois moments, et pas un de plus.

Le passage de la jambe par-dessus le rebord

Une seconde sur un pied, sur un sol mouillé, avec le regard vers le bas. C’est le moment le plus dangereux de toute la journée, et de loin. Le corps est simultanément en appui unipodal, en flexion et en rotation.

La transition assis vers debout

Que ce soit depuis les toilettes ou depuis un siège de douche, le corps se projette en avant puis se redresse. La poussée se fait vers le bas et légèrement en avant, jamais vers le haut. C’est pour ça qu’une barre placée trop haut ne sert à rien à cet endroit.

Le demi-tour sous l’eau

Se retourner pour se rincer le dos, les yeux fermés, avec du savon au sol. Beaucoup de gens ne posent pas de barre pour ce moment parce qu’il ne ressemble pas à un risque. C’est pourtant le seul des trois où la vue est totalement absente.

Ce qu’il faut noter avant de percer

Notez de quelle main la personne se rattrape spontanément, et à quelle hauteur sa main touche le mur. Une barre posée du mauvais côté oblige à croiser le bras devant le corps, ce qui aggrave le déséquilibre au lieu de le corriger.

Trois moments, toujours les mêmes : l’enjambement du rebord, le passage assis vers debout, et le demi-tour sous l’eau. L’observation d’une seule toilette ordinaire vous dit où poser, et de quel côté.

Où poser, concrètement

Trois emplacements couvrent les trois moments. Au-delà, on ajoute des barres qui ne servent pas et qui encombrent.

À l’entrée de la douche ou de la baignoire

Une barre verticale, sur le mur d’entrée, dont le bas se situe autour de 75 centimètres du sol et qui monte jusqu’à 130 environ. La verticale est essentielle : elle permet d’attraper à la hauteur qu’on veut, ce qui compte quand la personne se penche pour enjamber. Une barre horizontale à cet endroit oblige à lever le bras au moment précis où il faut baisser le centre de gravité.

À l’intérieur, sur le mur long

Une barre horizontale, entre 70 et 80 centimètres du sol, sur toute la longueur utile. C’est celle du demi-tour et du rinçage. Elle sert de rail : la main glisse dessus sans jamais lâcher.

À côté des toilettes

Une barre relevable du côté du transfert, à 70 à 75 centimètres du sol, avec 20 à 25 centimètres d’écart par rapport à la cuvette. Relevable, parce qu’une barre fixe gêne l’accès si une aide à la toilette devient nécessaire. C’est le détail que les gens regrettent deux ans plus tard.

Ce qui tient une barre, et ce qui la fait arracher

Une barre d’appui doit supporter au minimum 100 kilos en traction, parce qu’on ne s’y appuie pas, on s’y suspend au moment où l’on part. Sur du carrelage plein, des chevilles adaptées suffisent. Sur autre chose, la question n’est plus la barre, c’est le mur.

Verticale à l’entrée pour enjamber, horizontale à l’intérieur pour le demi-tour, relevable à côté des toilettes pour le transfert. Trois barres bien placées valent mieux que six posées où ça se visse facilement.

Où ne surtout pas poser

Ces quatre erreurs se retrouvent dans presque toutes les salles de bain équipées à la hâte.

Sur le porte-serviettes existant

Cela paraît idiot écrit comme ça, et pourtant cela se voit régulièrement. Un porte-serviettes est fixé pour tenir un kilo de tissu, pas 90 kilos en déséquilibre. Il cède en arrachant le mur, et la personne tombe avec la barre dans les mains.

Sur une cloison creuse sans renfort

Sur une plaque de plâtre, il faut des fixations spécifiques et, dans le doute, un renfort posé derrière. Une barre qui bouge d’un millimètre quand on tire dessus est une barre qui finira par sortir.

Sur le mur du fond, face à l’entrée

C’est l’emplacement le plus fréquent et le moins utile. Il oblige à traverser la douche pour l’atteindre, c’est-à-dire à faire exactement le trajet risqué sans appui. Une barre doit être atteignable avant le déséquilibre, pas après.

Les modèles à ventouses

Elles se posent sans percer et c’est tout leur intérêt. Elles ne tiennent pas une traction verticale sur un carrelage humide et rien n’avertit avant qu’elles lâchent. Elles peuvent servir de repère de main, jamais de point de rattrapage. Le geste de se relever la nuit relève de la même logique, et nous l’avons détaillé dans nos articles sur l’équilibre après 65 ans.

Jamais sur un porte-serviettes, jamais sur une cloison creuse non renforcée, jamais au fond face à l’entrée, et jamais une ventouse comme point de rattrapage. Une barre inutile donne une confiance qui, elle, est dangereuse.

Ce que ça coûte, et qui peut aider

L’installation n’est pas un chantier, et elle est financée plus largement que la plupart des gens le croient.

Faire venir un ergothérapeute

C’est le professionnel dont le métier est exactement cette question. Il vient sur place, observe la toilette réelle et indique les emplacements, au même titre que pour les autres aménagements du logement. Sa visite est prise en charge dans plusieurs dispositifs d’aide à l’adaptation du logement, et elle évite les barres posées pour rien.

MaPrimeAdapt’

Le dispositif géré par l’Agence nationale de l’habitat finance l’adaptation du logement des personnes de 70 ans et plus, sous conditions de ressources, et l’accompagnement fait partie du forfait. C’est le guichet à regarder en premier pour un logement dont on est propriétaire.

La caisse de retraite

Pour les personnes autonomes qui ne relèvent pas de l’allocation personnalisée d’autonomie, l’Assurance retraite propose une aide à l’aménagement dans le cadre de son action sociale. C’est le circuit le moins connu, et il concerne exactement le public qui pose des barres avant d’en avoir besoin.

Le reste, qui compte autant que la barre

Un tapis de bain antidérapant, un éclairage qui s’allume sans chercher l’interrupteur, un sol dont on a vérifié l’adhérence pieds mouillés, et le retrait des tapis de couloir. La barre traite un moment, ces quatre points traitent le reste de la pièce. Les questions de tension et de médicaments qui accompagnent ces chutes se traitent avec le médecin, et nous les abordons dans notre rubrique consacrée à la santé au quotidien.

Un ergothérapeute pour désigner les emplacements, MaPrimeAdapt’ ou la caisse de retraite pour financer, et quatre gestes gratuits qui traitent le reste de la pièce. La barre seule ne suffit jamais.

À qui ça s'adresse vraiment

Votre situationCe que cet article vous apporte
Vous équipez avant que ce soit nécessaireLe bon moment. Lisez la deuxième partie et faites venir un ergothérapeute.
Il y a déjà des barres et elles ne servent pasLa troisième partie explique pourquoi, et ce qu'il faut déplacer.
Vous êtes locataireL'accord du bailleur est requis pour percer. Les aides existent quand même.
Une chute a déjà eu lieuLa barre ne suffira pas. La cause se cherche aussi du côté des traitements.

D'où vient cet article

Cet article est publié par Perles du Temps, sans signature individuelle. Nous ne sommes pas médecins. Ce texte n'établit aucun diagnostic et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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Ce que cet article ne fait pas. Il donne une information générale et ne remplace pas une consultation. En cas de symptôme qui vous inquiète, parlez-en à votre médecin traitant ou à votre pharmacien. En cas d'urgence, appelez le 15.

Où vérifier par vous-même. Les informations administratives et de santé publique citées sur ce site se retrouvent sur ces sources officielles :

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